L’art floral au japon : l’ikebana

Art floral : l'Ikebana

Origines de l’Ikebana

Ikebana

Ikebana

Au Septième siècle, lors d’une offrande de fleurs à Bouddha naissait (en chine puis au Japon) l’Ikebana. Ce mot japonais est composé de « ikeru » signifiant « faire vivre » et « bana » ou « hana » signifiant « fleurs ».

Depuis, l’Ikebana désigne une composition d’art floral composée de fleurs, de feuillages et de branchages. Ces différents éléments proviennent aussi bien de la nature (comme les branches ou les feuillages) que de la culture, pour les fleurs par exemple. L’Ikebana est donc l’art du bouquet suivant les traditions et les techniques japonaises.

Notre civilisation occidentale possède un rapport à la nature en totale opposition avec les civilisations asiatiques. En effet chez nous la nature est différente de l’homme. L’occidental tente de dompter la nature, de la maîtriser. En revanche, au Japon la nature et l’homme ne font qu’un.

Cet Art ancestral évolue, comme évolue la pensée, la littérature au fil des siècles.

Développement de l’Ikebana

1390 – 1593

On trouve les formes les plus complexes et les plus parfaites de l’ikebana. C’est le « Rikka » et le « Tatebana ». On dispose les fleurs, les feuilles et les troncs en respectant des règles géométriques strictes pour aider l’esprit dans ses méditations. La composition est toujours comprise dans un triangle (trilogie) qui représente le mont Shumisen (ou Sumeru), montagne axiale, symbole du cosmos et objet de culte bouddhiste.

17éme siècle

C’est le « cha bana » ou « fleurs pour le thé » qui voit le jour. Le « cha bana » est pensé, réalisé et structuré avec des formes beaucoup plus simples. L’ikebana devient alors beaucoup plus sobre, presque minimaliste et sera essentiellement réalisé par des maîtres zen du « cha no yu » (cérémonie traditionnelle du thé).

Viendra ensuite le « nageire bana » qui se réalise dans n’importe quel vase haut et le « shôka » ou « seika » qui est un ikebana de formaliste calligraphique. Le « shoka » reprend la trilogie, mais les éléments représentent l’homme le ciel et la terre. C’est d’ailleurs à cette époque que l’art des fleurs commence à être pratiqué par les femmes. Il devient vite l’attribut de la femme cultivée.

1868

Le régime du shogunat tombe après trois siècles de domination. Le dernier shogun de la dynastie tokugawa renonce à ses fonctions et rend le pouvoir à l’empereur du japon, Mutsuhito âgé de 15 ans. Le Japon ouvre ses portes aux cultures américaines et européennes, c’est alors la découverte de nouvelles fleurs occidentales aux couleurs plus intenses. La seule possibilité pour les Japonais d’utiliser ces nouveaux végétaux était de créer des formes nouvelles avec le « MORIBANA », littéralement « fleurs amassées ».

L’Ikebana aujourd’hui

L’Ikebana demeure une composante importante de la culture Japonaise. Les femmes le pratiquent régulièrement et toute jeune fille est invitée à apprendre cet art floral qui fait partie de la vie quotidienne au Japon.

En France l’Ikebana est enseigné comme au Japon. Et comme un enfant apprend le nom des prises de judo on apprend les styles et les évolutions de l’Ikebana :

  • Le Rimpa, s’inspire des peintures Japonaises des 17ème et 18ème siècles.
  • Le Bunjin bana, reprend le thème des travaux d’artistes lettrés chinois de la période Edo (Tokugawa).
  • Le Hana mai, peut se traduire par « fleurs qui dansent » ou « danse des fleurs ».
  • Les bouquets paysages, recréent une portion de la nature au bord de l’eau ou au pied de la montagne.
  • Le Free style Moribana et Nageire, bouquets d’art floral modernes, sculptures florales, compositions libres.
  • Le Morimono, assemblage de fleurs, de fruits et de légumes présentés sur un plateau appelé Daï.

Gishi Akiko : maître ikebana

Gishi Akiko

Maître ikebana

Je vous présente Gishi Akiko, Maitre Ikebana qui nous exprime son ressenti sur cet art floral Japonais.

« J’ai créé l’association d’Ikebana Atelier Mizuki de Paris il y a 7 ans, dans le but de présenter et développer la pratique de cet art de l’arrangement floral traditionnel japonais auprès des Français.

J’ai étudié l’Ikebana et suis élève de l’école Ikenobo (la plus ancienne, crée au XVème siècle). Le style Ikenobô est à la fois resté très ancré dans la tradition tout en s’enrichissant perpétuellement des tendances apportées par chacune des différentes époques ultérieures.

Pour moi, la création d’un Ikebana est basée sur le respect des dimensions, des effets de perspectives, de vide et de plein, les sensations d’équilibres, d’harmonie et d’asymétrie, que l’on retrouve dans la nature.

Arranger des fleurs est ainsi le résultat de l’étude de nombreux aspects, mais quand les personnes prennent place devant les végétaux et les considèrent le cœur plein d’indulgence, ils arborent un visage au-delà du beau, véritable reflet du changement qui s’opère en eux-mêmes. Leurs gestes sont délicats et leur ordre naturel et quand ils découvrent incidemment la beauté, leur cœur tressaille d’émotion.

Également, arranger des fleurs, c’est faire l’expérience d’un agréable sentiment de plénitude.

ikebana

Ikebana

Ikebana pour un Mariage

Ikebana pour un Mariage

Quand le cœur est concentré dans l’acte d’arranger des végétaux que l’on tient dans sa main, toutes les choses compliquées de la vie quotidienne sont laissées de côté et la joie illumine ce monde de beauté ; c’est là, le plus important. »