Portrait de Régis Guignard architecte paysagiste

Des projet architecturaux de grandes envergures tout en alliant le végétal

Avec Serge Renaudie, architecte-urbaniste, il réalise à ses débuts le projet d’aménagement du Parc-Canal de Saint Denis au Nord de Paris ou encore le réaménagement de l’Ecole Alsacienne aux côtés de Jean-Michel Wilmotte. Avec Architecture Studio, il participe à la restructuration de l’Hôpital Sainte-Anne à Paris, du Centre Ville de Tirana en Albanie, à l’aménagement du site de l’Exposition Universelle de Shanghai 2010 ou encore à la mutation du Fort d’Issy les Moulineaux (92) en un futur éco-quartier modèle avec plus de 1.500 logements, doté d’un verger de plus de 300 fruitiers emblématiques.

Mais c’est surtout en 1996 à l’Ambassade de France à Berlin qu’il scelle une collaboration avec l’architecte “Pritzker prize” Christian de Portzamparc. Plus d’une dizaine de projets en découleront : le jardin vertical des salons Lafayette au Palais des Congrès porte Maillot (1998), le siège du journal Le Monde (2007), l’Hôtel Renaissance Wagram à Paris-Etoile (2008), le jardin médicinal de l’Hôpital Croix- Rousse et l’Hôtel de Région Rhône-Alpes (2011) à Lyon, les jardins des chais de Château Cheval Blanc (2011) et ceux du futur Ministère de l’Agriculture à Paris…

Comment rendre attirant les espaces extérieurs d’un hôpital ?

Les jardins Hospitaliers de Régis Guignard
« Personne ne choisit de venir à l’hôpital et, dans ce contexte, ce que le patient peut percevoir de la fenêtre de sa chambre, mais aussi l’ensemble des usagers, prend une dimension toute particulière. La nature a tout inventé, l’homme ne fait au mieux que la découvrir : alors que 70% de la pharmacopée mondiale reste d’origine végétale, le jardin peut agir comme un principe actif à l’image des plantes qui le composent et devenir hospitalier dans tous les sens du terme. Le jardin et le jardinage stimulent les sens, les émotions, la mémoire. Le jardin permet de calmer les douleurs et les angoisses. Ces jardins sont utiles à la santé et au bien être de ceux qui les fréquentent.”

Depuis 2006, avec le projet de recréation des 14 hectares des espaces paysagers de l’Hôpital Sainte-Anne à Paris associé à Architecture Studio dont la première tranche sera inaugurée en février 2012, l’architecte-paysagiste Régis Guignard avec son agence Méristème met au vert la question du jardin et de son effet thérapeutique dans les lieux dits “d’isolement”. Il vient d’achever fin octobre les 4 hectares d’espaces extérieurs de l’hôpital de la Croix Rousse à Lyon, associé à l’architecte Christian de Portzamparc.

Hôpital de la Croix-Rousse à Lyon avec Christian de Portzamparc, hiver 2011- 2012

L’esplanade Centrale : un jardin de 1.2 Ha centré sur le thème inédit des « Principes actifs ».
Pour ce lieu central un jardin médicinal a été proposé. Le thème n’a rien d’original en soi puisque les jardins médicinaux, classés par espèce selon un ordre bien orthonormé, existent depuis l’époque médiévale. À la différence qu’ici ils ont imaginé un jardin organisé selon le classement des principes actifs et çà, c’est très nouveau. Ainsi, sur les seize principes actifs identifiés à ce jour, douze des plus significatifs sont présentés au public : les alcaloïdes, les saponines, les tanins, les vitamines, les amers, les coumarines, les flavonoïdes…
L’esplanade est organisée en douze grands “carrés” encadrés de fascines en osier tressé, chacun regroupant une famille de plantes à l’esthétique très variée et qui partagent le même principe actif.

Les 9 Patios.
Le parti pris a été de privilégier les vues d’ensemble plongeantes depuis les chambres et les offices, les tracés et la matière végétale en choisissant des arbres assez grands à la plantation avec des frondaisons qui viennent en premier plan. Une très grande attention a été portée aux structures, aux matières, aux textures présentes aux neuf patios qui totalisent 2500m2. Comme toits et sols se confondaient, trois puits de ces patios ont été incrustés dans l’esplanade  pour créer une rupture et offrir des espaces d’agrément baignés de lumière pour les sales d’examen en contrebas. De gros fûts accueillent des saules blancs* dont la base  se retrouve  à la hauteur de l’esplanade et les feuillages à hauteur des fenêtres. Arrivés à maturité, ils vont rattraper les tilleuls et les marronniers déjà présents ce qui permettra d’obtenir une continuité visuelle surlignant la totalité de l’esplanade.
(*) : Le saule blanc contient dans son écorce de la salicine, à partir de laquelle on extrait l’acide salicylique, principal agent actif de l’aspirine…
Source : Agence MLA

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